L’immigrant mexicain Walter Vaca s’installe dans un modeste appartement d’une pièce dans un quartier Rosemont fantomatique, peuplé de vieillards. Employé à l’entretien ménager dans un hôtel, il doit affronter la solitude et l’isolement propres aux déracinés. L’arrivée d’un étrange voisin dans le logement contigu viendra perturber son accession au rêve québécois.


Thriller paranoïaque maniant habilement l’absurdité et le suspense, L’Antisepsie est un page turner truffé de références aux grands maîtres comme Strindberg et de Chirico. Écrit dans un phrasé à la fois léger et percutant, rempli d’une solide dose d’humour, ce roman plaira autant aux amateurs de polars que de romans psychologiques.

Le nouveau roman québécois L'Antisepsie de l'auteur Edwin Bermudez en librairie

©Photos : J.-P. Bermudez

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Amnios a participé à la 20e édition d'Expozine, les 19 et 20 novembre 2022 à l'Église St-Arsène. Nous sommes très heureux d'avoir eu la chance de présenter notre projet à la foule de lecteurs et fans de littérature qu'attire l'évènement Expozine. Comme toutes les copies du premier tirage ont été vendues, nous sommes fiers de vous annoncer que nous allons en réimpression - 2 mois seulement après le lancement du roman. Voici quelques photos de l'auteur Edwin Bermudez et de l'éditrice Laurence Girouard qui étaient sur place. Merci pour votre accueil chaleureux et bonne lecture !

ANTISEPSIE. n. f. – Ensemble des méthodes destinées à combattre les germes pathogènes causant les infections.

Entretien avec l'auteur Edwin Bermudez

Edwin Bermudez lisant un extrait de son roman L'Antisepsie

© Photo : J.-P. Bermudez

— Pourquoi le format journal dans L’Antisepsie ?

Pour lui donner une plus grande vraisemblance. C’est important que ce soit crédible. J’aime aussi cet aspect voyeur de découvrir les pensées et la vie intime d’un inconnu. J’ai pu mettre des dates exactes, ce que j’affectionne particulièrement. Et cela donne des chapitres plus courts, faciles à lire. C’est la recherche de vraisemblance, aussi, qui m’a poussé à situer l’intrigue à Montréal.

— À ce sujet, vous nommez dans votre roman plusieurs endroits qui existent vraiment à Montréal, par exemple des noms de rue ou des restaurants, mais on sent malgré tout un parfum d’étrangeté qui émane de ces lieux que vous décrivez.

C’est Montréal, mais un Montréal fantomatique et délirant, vu à travers le prisme du rêve, comme peint par de Chirico. C’est une vision qui reflète l’état mental du narrateur. Je voulais exprimer son anxiété et son sentiment d’être un étranger dans une culture dont il ignore à peu près tous les codes.

— Y a-t-il d’autres influences, conscientes ou inconscientes, qui vous ont guidé dans votre création ?

Le livre est plein de ces influences, mais je ne les nommerai pas toutes. Une des plus claires est celles d’un écrivain que j’ai toujours adoré, August Strindberg, surtout son Inferno, récit hallucinant d’un persécuté. Il y a aussi des références à des auteurs latino-américains méconnus au Québec, dont José Eustasio Rivera et son roman La Vorágine, qui s’ouvre sur un avis au lecteur et se conclut par un épilogue. Je suis également allé chercher des références chez les maîtres du roman psychologique contemporain comme Knut Hamsun. Enfin — pour voir comment y était travaillé le format journal —, j’ai relu un roman qui m’avait beaucoup plu quand j’étais adolescent, La Nausée, même si je dois dire que c’était moins bon que dans mon souvenir.

— Le manuscrit original de l'Antisepsie a été écrit en espagnol. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce passage de l’espagnol au français ?

J’ai toujours été partagé entre le français et l’espagnol, de par mon éducation, mon enfance au Québec et ma vie familiale, car mes parents sont Colombiens. Cette ambivalence s’est logiquement matérialisée dans mon écriture. Ma première création littéraire a été un recueil de poèmes que j’ai écrit en français à quatorze ans, intitulé Mon Apocalypse, d’une influence baudelairienne très marquée. Ensuite j’ai commencé à écrire des nouvelles en espagnol, puis des romans. Je suis à l’aise pour écrire dans les deux langues, mais en écrivant en espagnol, je sens que c’est plus naturel.

— Vous avec écrit des romans en Colombie? Sont-ils publiés?

Dans l’espace de deux ans, entre l’âge de 16 et 17 ans, j’ai en effet écrit cinq romans en espagnol, portant notamment sur la réalité sociale colombienne. Ils ne sont pas publiés mais cela serait sans doute pertinent puisqu’ils comportent des éléments que je trouve intéressants et dénotent un travail approfondi sur la forme romanesque et le style. L’un d’eux, L’Apocalypse sous la douche, a d’ailleurs été finaliste de la Biennale nationale de roman José Eustasio Rivera en 1998.

Edwin Bermudez au sujet de la génèse de son roman L'Antisepsie

« L'antisepsie a été la volonté d'étudier la solitude contemporaine dans les grandes villes — spécifiquement l'isolement des immigrés, qui doivent s'ajuster à une nouvelle culture et se bâtir de nouveaux points de repère. Ils se retrouvent souvent dans des positions précaires, autant au niveau des relations personnelles que dans le domaine de l'emploi. Cette situation peut fragiliser leur sentiment de bien-être et leur santé mentale.

Je voulais aussi parler du vieillissement de la population; j'ai de ce fait situé le roman dans le quartier Rosemont à Montréal, mais dans une réalité spectrale, où tout est gris, anxiogène et où pullulent les vieillards. Le roman se présente dans un format journal, avec des chapitres courts, une bonne dose d'humour et des éléments de suspense pour qu'on n'ait pas envie de le lâcher avant d'arriver à la dernière page!

Il a été publié par la nouvelle maison d'édition Amnios, basée à Montréal, et je suis content de le montrer au public, car il germait en moi depuis plusieurs années; c’est après beaucoup de travail qu’il a trouvé sa forme définitive. Fait curieux : il a été originellement écrit en espagnol et je l'ai ensuite traduit en français. »

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